Rencontre avec le PDG de Rossignol
19/05/2011 (commentaires : 0)
Dans le cadre de la mission qui m'a été confiée par Jean-François COPE sur la réindustrialisation des territoires, j’ai entrepris de nombreuses rencontres avec des interlocuteurs institutionnels, élus, responsables patronaux et syndicaux, dirigeants d’entreprises, experts afin de recueillir leur diagnostic sur cette problématique et leurs propositions.
Dernière en date, mon entrevue avec le Président Directeur Général de Rossignol, à St Jean-de-Moirans en Isère. Pourquoi avoir choisi cette entreprise ? Tout simplement parce que la célèbre marque de ski a décidé de relocaliser sa production asiatique dans ses usines de Sallanches, en Haute-Savoie. La décision est assez rare pour être soulignée et surtout pour tenter de comprendre ce qui pousse une entreprise à "rapatrier" sa production sur le territoire national.
Selon M. Cercley, PDG de Rossignol, produire en Chine ou en Asie n'est pas une finalité en soi. Ne voyez pas dans ses propos un certain patriotisme économique même si l'annonce d'une relocalisation est toujours symbolique. Ce qui l'a guidé dans son choix est avant tout sa volonté de remettre sur pied une société en perte de vitesse, en rationalisant les coûts. En quelques mots :
- Les matières représentent plus de 2/3 du coût de la fabrication d'une paire de ski. Or, ces matières sont principalement produites en Europe. Il faut donc les transporter en Asie.
- La main d'oeuvre constitue seulement 20 % du coût de production, comme la main d'oeuvre européenne, à la différence où la première est bien moins formée et automatisée que la seconde.
- Rajoutez à cela le coût et le temps de transport, des ventes se faisant à 60 % en Europe et quasiment inexistantes sur un marché asiatique très restreint.
Au final, pour l'entreprise, produire en Asie coûte quasiment autant que produire en France, à la différence près où Rossignol y perd en réactivité et en souplesse.



